lundi 28 février 2011

Que ne suis-je devenue ?


Dans ce train qui m’emmène vers un ailleurs incertain, je regarde cette femme que j’ai prise pour un homme, avec ses cheveux rasés, son carnet moleskine, ses livres des classiques du théâtre contemporain et qui joue de temps en temps avec sa petite fille. Si loin de moi et si proche. Ses cheveux, son visage me ramènent à ce que j’ai cru devenir il y a (voilà !) 2 semaines. Un vestige d’un cancer ? une renaissance ?

A 280 kms, je file vers cet ailleurs. Qu’y trouverai-je ? C’est étonnant comme cela me fait peur et comme je n’y pense pas. Je me sens sereine alors que dans 2 heures, ma vie va peut être dérailler. Comment réagir si elle est là. Je cherche et redoute la confrontation à la fois. Etre sure, une bonne fois pour toutes. Je crois que c’est la 1ère fois de ma vie, à part peut être ce hasard provoqué de la seule et unique rencontre, que j’agis pour moi, quasi instinctivement. Je me sens adulte et forte. Un tournant ou une autre page. Comme si cette confrontation, ces quelques jours à l’idée de mourir ou plutôt de me dire « que ne suis-je pas devenue » m’avaient fait grandir d’un seul coup. Comme si, enfin, je me prenais à bras le corps et écoutais ce cœur, laissais sortir tous les maux, me confrontais enfin à moi-même et à cet étranger que j’étais devenue.

J’imagine l’arrivée devant la maison. Je me serais peut-être arrêtée dans ce virage de Gordes, celui de la carte postale. J’aurais essayé de repérer la maison, la route sinueuse, le pont mauve, le cyprès et juste derrière, le rectangle de la calade, le pignon couvert de vigne, comme un appel.
Je t’aurais peut-être envoyé un message « me ferais-tu a nice cup of tea ? », ou j’attendrais d’être devant ce portail que tu veux tant changer. Avant d’enlever le fil de fer, je klaxonnerais joyeusement. J’entendrais le chien courir vers moi avant de voir ton visage stupéfait, empourpré peut-être. Où alors, comme cet après-midi d’hiver où nous avons découvert la maison, sous la brume, j’arriverais par les vignes, m’extasierais une dernière fois sur la somptueuse sobriété de la façade, me dirais que, finalement, elle n’était vraiment pas pour moi et vous découvrirais tous les deux, sur le canapé devant la cheminée. Ce vieux fantasme…

Le train file, le soleil rouge et or décline. Je me sens délicieusement hors du temps. Tout à l’heure, avant de partir, j’ai pensé aux livres à emporter. Les bienveillants qui pouvaient m’accompagner dans cette traversée. L’actualité du moment, mes échanges romanesques ont un peu faussé mon choix. Qu’importe. Ils sont là et m’accompagnent comme des chevaliers dans leur armure. Ils me protègent .

Je pense à elle, à Paris, laissée seule. Un peu d’appréhension mêlée au sentiment de devoir le faire. Pour elle, pour moi. Pour cette vie que tu nous a imposée depuis six ans. Pour ses incertitudes, son mal-être, ses tourments. Pour mon enfermement, mon hypocrisie, mes fuites et mes solitudes.
Elle m’a dit « tu veux le prendre en flag », elle a souri, a tout compris. Je n’ai su quoi répondre, elle avait raison, je ne pouvais pas lui dire.
J’écris tout cela en me disant que tu le liras peut-être, que tout cela n’est qu’un scénario. Mais c’est le scripte de ma vie actuelle .

Heaven can be hell, ou l'inverse

mercredi 2 février 2011

Wie geht's im Strossburi ? ! ?

Un petit bond dans le passé, à l'occasion d'une journée de formation.
Une balade entre Cathédrale, Corbeau et Ponts Couverts
Des souvenirs de rencontres
Une vision étonnante d'un tournage de M:I 4 !