Déjà 2 heures que je suis là, à les observer. File interminable dans cet escalier parisien, ils sont tous là : un couple avec un bébé, une vieille dame menue, un homme et son chien (mais qu’imagine-t-il ?), une fille accrochée à son portable comme à une bouée. Et lui, là, devant moi, qui fanfaronne, parle fort « cet appart, il est pour moi , rentrez chez vous… ». Je soupire et il me jette un regard froid, méprisant. Je le déteste déjà. Pourtant, il a ce quelque chose qui aurait pu me plaire, cette nonchalante arrogance et … cette paire de fesses hypnotique. Bon, il faut que je me décide. Encore un étage et j’y suis. La clé tourne dans la serrure et me voilà dans cet appartement. Le panneau de verre au milieu du salon m’étonne toujours autant, quel délire d’architecte… un œil sur la cuisine, un autre dans la chambre. Tout est prêt. Les visites se succèdent, les dossiers s’enchainent. On sonne. Je vais ouvrir. Il est là. Il me toise, pas plus surpris que cela. Sans un mot, il parcourt le couloir, se glisse dans le salon, aperçoit la chambre, le lit. Je l’ai suivi. Je le précède, nos habits volent, je vois enfin notre reflet dans la cloison de verre. Mon choix est fait.
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